Disparitions et retours

Il y a 10 000 ans, la marmotte était présente en Chartreuse. Elle semble ensuite absente probablement par disparition de son habitat au profit des forêts lors d’une période chaude. Aujourd’hui répandue sur les sommets, elle doit son retour à quelques lâchers autour de 1940 puis à des opérations officielles de réintroduction dans les années 80.

De nombreux restes osseux laissés par les premiers habitants du massif attestent l’existence du bouquetin en Chartreuse il y a 3000 ans . Cet ongulé, emblème de la protection de la nature dans les Alpes, a été réintroduit en Chartreuse en 2010. Le dernier grand tétras de Chartreuse aurait été tué à Entremont-Le-Vieux vers 1860. A cette époque, la chasse et l’exploitation forestière ont mené cet oiseau à l’extinction dans la majeure partie des Alpes. Une étude génétique réalisée en 2014 et 2015 atteste de la disparition du lièvre variable en Chartreuse. Des osssement s attestant de sa présence en Chartreuse ont été retrouvés par des spéléologues. Le cerf et le chevreuil ont été réintroduits en forêt domaniale à partir de 1950. Originaire de Corse, le mouflon a été introduit en 1967.

Le chamois quant à lui, a frôlé l’extinction : en 1986 la population était estimée à moins de 250 individus. Le transfert d’animaux vers les zones les moins peuplées en chamois, la fermeture de la chasse jusqu’en 1995 puis la mise en place d’un plan de chasse ont permis à l’espèce de reconquérir progressivement le massif.

Ours, loup et lynx ont tous été éradiqués dès la fin du 19ème siècle, comme dans la plupart des régions. Cependant, l’augmentation des populations d’ongulés sauvages au cours des dernières décennies a favorisé la réapparition de leurs prédateurs. Le lynx s’est installé dans les forêts de l’Est de la France à partir du Jura Suisse, sa présence discrète est avérée en Chartreuse depuis les années 90, .

 

En 1992, des loups venus des Alpes Italiennes ont commencé commencent à recoloniser le sud des Alpes Françaises; . En Chartreuse de rares observations ont été faites entre 2004 et 2011. Depuis le printemps 2016, un individu est régulièrement observé au sud ouest du massif.

la loutre, absente depuis près d’un siècle pourrait refaire son apparition en Chartreuse grâce aux efforts de préservation des rivières. Les quelques observations relatives à l’espèce ont été relevées dans la moyenne vallée du Rhône et ses affluents. Quelques données attestent également d’une présence occasionnelle dans le Pays voironnais et le long du Guiers.

 

Afin de limiter la perte de biodiversité sur son territoire, le Parc :

  • suit et étudie  des espèces patrimoniales comme la Vulnéraire des Chartreux, le tétras-lyre, la salamandre tachetée, les chauves souris, le lézard agile;
  • forme les agents des communes à l’entretien des bords de route sans pesticides;
  • gère des espaces naturels comme la Réserve naturelle des Hauts de Chartreuse;
  • accompagne les agriculteurs dans la prise en compte d’enjeux environnementaux;
  • neutralise avec ENEDIS les lignes électriques dangereuses pour les oiseaux
  • préserve la quiétude des sites d’hivernage de certaines espèces comme le tétras-lyre avec les pratiquants des sports d’hiver.