Patrimoine religieux

A la fin du 11ème s., saint Bruno fonde l’ordre des chartreux et son premier monastère dans les montagnes de Chartreuse. Cette volonté d’isolement, dictée par la doctrine de cet ordre, est affirmée par la délimitation d’un territoire, dont les entrées sont contrôlées. Pour ce faire, des portes sont installées aux confins du Désert de Chartreuse (portes de la Jarjatte, de l’Oeillette…).

Monastère de la Grande Chartreuse – Saint-Pierre-de-Chartreuse

Aujourd’hui encore, la quiétude de cet ordre contemplatif est assurée par la délimitation d’une zone de silence autour des bâtiments où résident les moines. Leur vie communautaire s’organise autour de l’église, du cloître et des cellules monacales. Classé Monument Historique en 1912, le monastère nous apparaît aujourd’hui dans son état du 17ème s., bien que certaines parties du 14ème s. et 15ème s. soient conservées. En effet, avalanche et incendies obligent les chartreux à le reconstruire plusieurs fois. En contrebas, les bâtiments de la Correrie (état actuel essentiellement 17ème s.) abritent les activités des frères convers qui remplissent les tâches et l’approvisionnement matériel    au service des pères chartreux. Par ailleurs, des dépendances du domaine des chartreux, appelées obédiences, sont installées dans   la plaine du Guiers, comme à Entre-Deux-Guiers (mas d’Aiguenoire), qui comporte une très belle grange-étable, ou à Saint-Laurent-du- Pont (domaine de Villette).

Eglises présentant des vestiges romans – Balcon sud

Si les églises néogothiques (19ème s.) sont particulièrement présentes sur le territoire, il est à observer que les rares vestiges romans se concentrent dans les villages du Balcon sud. Ces éléments du 12ème s. ont en commun la modestie et la simplicité de leur traitement : étroitesse d’une baie en plein cintre, discrétion d’un décor de lésènes, sobriété d’un portail… tels sont les détails visibles à Quaix-en-Chartreuse, Mont-Saint-Martin, Proveysieux, Sarcenas ou au Sappey-en-Chartreuse.

 

Croix de chemin

De très nombreuses croix ont été érigées au cours du 19ème s./début du 20ème s. en Chartreuse, notamment lors de fêtes religieuses (mission, rogations, fête de saint…). Témoins de croyances, de manifestations religieuses populaires aujourd’hui disparues, ces éléments sont aussi des marqueurs du paysage et de l’espace rural (implantation en carrefours, sommets…). L’exemple de Miribel-les- Echelles, où vingt-sept croix ont été recensées, est exceptionnel. Ces croix sont en pierre de taille calcaire, en bois ou en fonte moulée, qui permet de réaliser des décors soignés à l’iconographie     variée.